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Publié par Jacques

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La manipulation est au cœur de ce thriller.

Le héros, Adam Cassidy, jeune cadre sympathique et jemenfoutiste d’une grande entreprise d’électronique, est manipulé par le P.D.G de sa boîte qui le « tient par les couilles » selon son expression, et l’embarque malgré lui dans une histoire d’espionnage industriel.

Le lecteur, lui, est manipulé par l’auteur qui réussit à le rouler dans la farine même quand – et c’était mon cas – arrivé au milieu du roman, il devine le coup de théâtre final. Car l’écriture de Joseph Finder est une telle réussite que ce coup de théâtre n’a que peu d’importance par rapport au plaisir de la lecture.

Tous les personnages sont remarquablement décrits. Adam est un personnage cynique et talentueux, bourré de contradictions qui le rendent crédible et attachant. Contradictions dans ses rapports avec son père, qu’il considère comme un vieil emmerdeur mais dont il s’occupe jusqu’au bout avec dévouement. Contradiction dans son rapport au travail : il méprise les arrivistes forcenés qui font passer leur vie professionnelle avant toute chose alors même que les circonstances le poussent à devenir l’un d’eux. Contradiction aussi car son P.D.G., personnage puant au possible et que le lecteur prend plaisir à détester l’envoie espionner un concurrent direct qu’il apprécie de plus en plus alors même qu’il le trahit.

La description de la vie de l’entreprise est totalement jubilatoire, avec les coups fourrés entre cadres supérieurs, les enjeux de pouvoir, les chausse-trappes destinées à éliminer un rival potentiellement dangereux. La rivalité entre les entreprises, les pièges que celles-ci se tendent les unes et les autres pour dominer un marché, l’importance de l’espionnage industriel dans les rapports de force entre les grandes sociétés, tout cela est peut-être exagéré : ne connaissant pas ce milieu,  il m’est impossible d’en juger. Mais de toute façon ce n’est pas l’essentiel. Le plaisir de la lecture est là, avec un humour à la Harlan Coben,  un suspense constant de la première à la dernière page, aucun temps mort, une écriture fluide et efficace, un scénario solide, une documentation en béton… Que demander de plus à un thriller, fut-il un « thriller  d’entreprise » ?

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