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Publié par Jacques Teissier

 

ne_tremble_pas.jpgLe sentiment de culpabilité, lorsqu’il frappe une personne « ordinaire », c’est-à-dire qui fait preuve d’un minimum d’empathie pour ses semblables, peut être fortement corrosif pour la personnalité.

 

Il peut l’être davantage encore si cette personnalité est un adolescent de seize ans. Et imaginez alors ce que ça peut donner si cet ado a tué son père, un père qu’il aimait, à l’issue d’un stupide accident de chasse !

C’est le point de départ de ce roman de Peter Leonard, celui qui va influer sur le cours de l’histoire ainsi que sur sa fin, et justifier aussi le titre du livre.

 

A ce thème fort va s’entremêler un autre thème : un premier et violent amour de jeunesse peut-il se réveiller seize ans plus tard à l’occasion d’une rencontre apparemment fortuite ? Et les raisons liées à la personnalité de l’un des protagonistes, qui ont justifié la rupture, peuvent-elles disparaitre, s’évanouir comme par enchantement ?

 

Kate est la jolie veuve d’Owen, l’homme qui a été tué au cours de l’accident de chasse, transpercé par une flèche tirée par l’arc de Luke, son fils. Kate est non seulement jolie, mais elle est également  riche, à la tête de la fortune que lui a légué son mari. Ce qui ne peut que susciter les convoitises de gens malintentionnés… qui ne vont pas manquer d’apparaitre, vous devez vous en douter !

 

Justement, par une coïncidence étrange, Jack, l’amour de jeunesse de Kate réapparaît quelques mois après la mort d’Owen, alors que la jeune femme tente d’aider son fils, psychologiquement très perturbé par la mort de son père, tout en essayant de faire le deuil de son mari aimé et de s’occuper activement de ses affaires.

 

Mais c’est un drôle de personnage que ce Jack, dont elle fut jadis amoureuse : menteur, manipulateur, séduisant et cynique, toujours en quête d’une affaire douteuse pouvant lui rapporter beaucoup d’argent avec peu d’efforts… en tout cas il était ainsi à l’époque, avant sa sortie de prison. A-t-il vraiment changé comme il le dit à Kate ? Peut-elle lui faire à nouveau confiance, comme elle l’a fait un jour au Guatemala, ou il lui a sans doute sauvé la vie ?

 

Ce que Kate ne sait pas, mais que le lecteur apprend très vite, c’est que Jack doit pas mal d’argent volé (à l’origine de ses années de prison) à de drôles de personnages encore moins recommandables que lui (si c’est possible) : deJuan, malin et tueur à gages quand l’occasion se présente ; Teddy, une petite crapule que l’intelligence n’étouffe pas ; Celeste, la copine de Teddy, aux réactions imprévisibles… A votre avis, Jack va-t-il résister longtemps aux pressions exercées par ses peu recommandables ex-amis  pour profiter de la situation financièrement enviable dans laquelle se trouve placée la jolie veuve qui fut jadis sa petite amie ?

Tous les ingrédients sont réunis pour un savoureux cocktail : tromperies, manipulations, réactions possibles des victimes, craintes que le lecteur va éprouver pour ces dernières, l’amour vrai ou faux de Jack pour Kate, l’analyse que celle-ci fait de la situation… à toutes les pages nous sommes embarqués  par cette histoire bien menée, au ton alerte et vif, dont l’objectif essentiel est de maintenir une tension de lecture constante et qui y parvient parfaitement.

 

Ne cherchez pas dans ce roman de longues analyses psychologiques : vous ne les trouverez pas. La psychologie des personnages se dégage progressivement à travers leurs dialogues et leurs actes. De fréquents retours en arrière permettent de mieux comprendre  les rapports qui les lient et n’entravent pas le cours du récit : au contraire, l’attente suscitée ainsi  participe évidemment au suspense, tout en ajoutant des informations qui enrichissent le récit.  La tonalité générale du livre est légère, il n’y a aucune recherche de dramatisation forcée ni rien d’excessif dans les descriptions, mais cette légèreté du ton ne nuit aucunement au suspense.

 

L’auteur a cherché les détails justes, ceux qui caractérisent bien les personnages et rendent leurs actes crédible. Des développements  amusants parsèment parfois le récit : le jeune Luke voit un psychologue régulièrement afin de surmonter le sentiment de culpabilité qui le ronge.  Peine perdue, rien ne change. Quelques phrases de Jake suffisent pour débloquer une situation que de nombreuses séances de psy n’avaient pas fait bouger d’un iota et permettent à Luke de mieux assumer son passé. Méfiez-vous de certains psys nous fait comprendre l’auteur, leur efficacité est parfois douteuse !

 

Ce premier roman de Peter Leonard est une réussite. Certes, il n’a pas la force et la profondeur d’écriture d’un Dennis Lehane, mais l’auteur, en faisant  le choix de la vivacité et même parfois de la concision, atteint son objectif de façon efficace : nous sommes tenus en haleine jusqu’au bout !

 

Jacques (lectures et chroniques)

 

Ne tremble pas !
Peter Leonard
Editions l’Archipel (13 juin 2012)
Collection suspense
300 pages, 21 €

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Commenter cet article

Oncle Paul 18/06/2012 20:02


Bonsoir Jacques


Ce roman est en attente donc j'espère que tu ne m'en voudras pas si je ne lis pas ta chronique, ceci afin de ne pas me laisser influencer.


Amicalement

Jacques Teissier 18/06/2012 20:26



Bonsoir Paul !


Pas de problème, c'est normal. Je peux simplement te dire que (à mon avis) tu devrais aimer. Pour le reste, je lirai ta chronique...


Bonne soirée !


Jacques