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Publié par Jacques Teissier

Après ce court séjour à Montpellier et sa discussion avec Diva, Ferdinand se sentait particulièrement en forme. Diva commença par leur donner les infos qu’elle avait pu recueillir sur le propriétaire de la Mercedes. Agenor Stéropès, né en 1966, habitait à Montpellier, 23 Rue Camille Flammarion, et travaillait dans la société de Simon Larduyt où il était responsable de la sécurité. Les photos de l’homme récupérées par Diva correspondaient à la description qui avait été faite par l’amie de Clara. Larduyt avait probablement menti quand il avait affirmé ne rien savoir sur un homme conduisant une Mercedes, d’autant plus ajouta Kellerman, que Stéropès était un grand costaud au crâne rasé,  la description précise qu’il lui avait donnée pendant leur discussion.

 

Sur sa lancée, Diva fit le point sur ce qu’elle avait trouvé à propos de Patrick et Simon Larduyt.

 

Patrick avait été mis en examen dix ans plus tôt pour une tentative d’escroquerie de petite envergure. Il s’était fait passer auprès d’une entreprise de la région de Marseille pour l’organisateur d’un salon professionnel, en demandant mille euros pour mettre à jour les informations sur l’entreprise, publier un encart publicitaire sur une plaquette et valider l’inscription de l’entreprise pour sa participation au salon. Le directeur, subodorant un coup fourré, avait porté plainte, mais l’affaire s’était soldée par un non-lieu quand l’entreprise avait, pour des raisons obscures selon Diva, retiré cette même plainte. Cette modeste affaire ne pouvait expliquer le meurtre de Patrick. Depuis cette date, il n’y avait plus rien sur lui, il semblait s’être calmé.  « Erreur de jeunesse », lança Kellerman, ce qui fit rire Ferdinand, qui lui fit remarquer qu’il aurait été moins compréhensif si Patrick n’avait pas été le frère de Muriel.

 

Diva n’avait évidemment rien trouvé sur Larduyt dans les fichiers de la police. Elle avait dû se rabattre sur les infos, abondantes,  trouvées sur le Net. Il était un chercheur réputé, internationalement connu, et certaines de ses publications avaient fait grand bruit selon Diva, qui avait pris la peine d’imprimer tout ça pour Kellerman, à qui elle donna des précisions sur le champ de recherche du scientifique : les modifications génétiques des embryons. Mais tout ce qui était science faisait bailler Ferdinand, qui estimait qu’en dehors des progrès techniques qu’avaient connus l’automobile, qui eux méritaient d’être conservés et même développés, les sciences et la technologie devenaient étouffantes pour la vie quotidienne.

 

Il rêvait d’une utopie dans laquelle la conduite automobile serait réservée aux conducteurs exceptionnels – dont il faisait partie – mais où le reste du monde aurait retrouvé le rythme paisible de l’entre deux guerres, sans les gadgets ridicules de communication qui perturbaient selon lui les rapports entre les hommes et les déshumanisaient. Mais la cause était perdue d’avance, il  avait conscience que les nouveautés technologiques écrasaient tout sur leur passage, sans pitié pour ceux qui refusaient de s’y adapter.

 

Kellerman leur donna tous les détails de sa rencontre avec le directeur de Techno Procréa, que Ferdinand ne trouva guère passionnante. Objectivement, la récolte de Diva était plus intéressante que la sienne, nota Ferdinand. De son côté, comme il n’avait rien à raconter qui puisse faire avancer l’enquête, il se contenta pendant les temps morts de parler de Ferdinand, ce que personne ne pouvait faire mieux que lui.

 

Kellerman demanda à Diva s’ils ne devraient pas rester à Montpellier pour interroger Stéropès.  

–        Pas aujourd’hui. J’ai  appelé la société pour savoir s’il était présent aujourd’hui et la secrétaire m’a dit qu’il était en congé jusqu’à demain. Comme je n’ai pas trouvé son numéro de portable, j’ai appelé directement chez lui mais ça ne répond pas. Nous en sommes quitte pour revenir demain, normalement il devrait être présent à son travail.

–        Ça ne me plait pas. Nous piétinons, il nous faut aller vite, il est  possible que Clara soit en danger.

–        Tu proposes quoi ? Il faut que tu réfléchisses vite, à la vitesse à laquelle roule Ferdinand, nous allons bientôt être arrivés à La Coste !

–        Nous allons proposer à Pagès un échange d’informations, ça nous permettra peut-être d’avancer. Si Stéropès est mouillé dans la disparition de Clara, ils auront plus de moyens que nous pour le débusquer très vite. Et puis, comme Larduyt vient ce soir chez Muriel, nous allons pouvoir lui demander pourquoi il m’a menti.

 

Ils continuèrent de tirer des plans sur la comète et  au bout de quelques minutes, Ferdinand se sentit complètement déconnecté de   la discussion qu’elle avait avec son flic, même si sa vigilance pour la conduite restait intacte. Il jeta un coup d’œil sur le beau profil de Diva, assise à ses côtés, et se laissa bercer par la douceur de sa voix  et le rythme envoutant de ses paroles alors même que celles-ci ne parvenaient plus à être assimilées par son cerveau.

 

Deux heures plus tôt, la jeune femme l’avait supplié de ne pas entrer dans le commissariat avec elle. Devant l’insistance dont il faisait preuve – ça l’amusait beaucoup de se retrouver dans l’antre de la flicaille sans avoir les menottes aux poignets, comme ça lui était arrivé tant de fois dans sa vie – elle avait dû lui avouer que ce qu’elle allait faire était à la limite de la légalité. L’avoir dans les pattes, sachant qu’il était incontrôlable et qu’elle allait prendre quelques risques pour sa carrière lui compliquerait vraiment la vie.  Devant l’animation de son visage de madone  et la pétillance de ses yeux immenses à la couleur d’ambre bleue, le cœur de Ferdinand s’était mis à palpiter d’une façon anormalement rapide et il avait cédé à sa demande, craignant l’infarctus amoureux. Certes, c’eut été pour lui la plus belle des fins, mais il avait préféré ne pas prendre de risque et avait laissé la belle s’engouffrer seule dans l’immonde repaire des flics.

 

Installé sur la terrasse d’un bar de la place de la Comédie, à trois cents mètres à peine du commissariat, il avait suivi des yeux pendant un temps qui lui parut très court une pléiade de filles magnifiques qui passaient  par là dans le seul but de se faire admirer de lui. « Pour ce seul plaisir des yeux, la vie mérite d’être vécue et il  serait absurde de la quitter si vite, même pour un trépas provoqué par un infarctus amoureux », décida-t-il à l’issue de cette heure de méditation contemplative empreinte de la plus haute spiritualité.

 

Pendant que Diva et son flic continuaient à discuter de l’enquête, il réfléchissait à ses perspectives de séduction de la jeune femme. Elles lui semblaient compromises et cela l’attrista d’autant plus que, pour lui, les difficultés sans doute provisoires qu’elle rencontrait avec les hommes  n’auraient pas été un problème. Dans une relation amoureuse il se savait capable d’être patient, attentif, amical, généreux et il pouvait très bien aider Diva à surmonter ce cap difficile. Mais de ce côté là, Kellerman avait pris une bonne avance. Que faire pour le mettre hors course ? Il n’aimait pas du tout la tendresse  qu’il voyait parfois surgir dans le regard de la jeune femme quand elle parlait avec le flic. Il aurait tout donné pour être observé ainsi par elle... mais comment y parvenir ? S’il avait été à Paris, il aurait pu  sans peine trouver une jolie fille qu’il aurait poussée dans les bras de Kellerman afin de semer la zizanie entre eux : un grand classique... Mais vu la densité ridiculement faible de la population du secteur, l’idée était difficile à mettre en œuvre.  Naturellement, son vivier de groupies parisiennes attentives, fidèles, disponibles, fascinées par la poésie et plus encore par les poètes bénéficiant d’une certaine notoriété,  était ici sans utilité.

 

La pensée de Ferdinand glissa agréablement vers ce réseau féminin qui représentait le côté plaisant  de sa vocation. Du côté des ventes et donc de l’argent,  il valait clairement mieux être un Marc Lévy ou un Guillaume Musso qu’un poète, fut-il maudit et scandaleux.  Pendant plus de trente ans, il avait galéré  avant de pouvoir vivre de ses écrits. S’il connaissait aujourd’hui une réelle aisance financière, il le devait pour l’essentiel aux ventes de ses œuvres dans les pays étrangers, car en France la poésie était galvaudée. Son vieil ami Georges Mounin le clamait à qui voulait l’entendre : « la France est le seul pays où tout le monde écrit de la poésie et où personne n’en lit », et cette formule était à peine exagérée.

 

Ils arrivaient au col de l’Exil quand le portable de Kellerman sonna. Celui-ci écouta en silence pendant quelques minutes, balbutia en réponse deux ou trois mots inaudibles et raccrocha. Il eut tout de même la bonté de les mettre au courant des dernières nouvelles qu’Odile venait de lui rapporter : la presse s’était emparée de l’affaire, croustillante pour elle, que représentait la disparition de Clara associée au meurtre de Patrick. Plusieurs équipes de journalistes s’étaient installées au village et cherchaient à rencontrer Muriel ou à la rigueur  des membres de sa famille, des amis, des voisins, ou même des personnes qui auraient pu croiser Muriel dix ans auparavant, l’essentiel étant qu’elles soient capables d’articuler quelques mots dans un micro de façon cohérente.

 

Muriel ayant refusé de les rencontrer, l’un d’entre eux avait carrément assuré à Juliette et Odile qu’une déclaration de la maman de Clara à la télévision, dans laquelle elle demanderait au ravisseur éventuel de lui rendre sa fille, pourrait donner des résultats  inespérés si elle était  suffisamment émouvante.  Comme les deux amies avaient rétorqué que personne ne savait encore si Clara avait été enlevée, le folliculaire avait répondu que c’était l’hypothèse la plus probable mais que de toute façon l’essentiel était de susciter l’émotion chez le téléspectateur. Elles n’avaient pas rapporté la discussion à Muriel, qu’elles protégeaient des intrusions extérieures et des curiosités malsaines et qui restait obstinément cloitrée chez elle.

 

Toujours selon Odile, la gendarmerie avait décidé d’organiser des recherches en début d’après-midi dans les environs immédiats de La Coste pour le cas, peu probable,  où Clara se serait baladée et où elle aurait eue un accident dans un endroit accidenté. Ils faisaient appel à la bonne volonté de la population pour les aider, étant entendu qu’ils en seraient les organisateurs.

 

Après nous avoir rapporté les propos d’Odile, Kellerman, visiblement accro au téléphone portable, appela Muriel et tenta de la réconforter. Ferdinand l’entendit  ajouter avant de raccrocher : « nous sommes sur le point d’arriver et nous participerons aussi aux recherches, même si je suis d’accord avec les gendarmes : à mon avis, Clara ne s’est ni égarée ni blessée.  Mais ce sera au moins une piste que nous pourrons écarter définitivement ».

 

Le « nous » devait englober Diva, à qui le flic n’avait même pas demandé son avis, ce qui révélait chez lui une tendance machiste évidente, nota Ferdinand avec satisfaction. Lui-même, de son côté, ne se sentait nullement englobé par ce « nous ». Il ne se voyait pas, lui l’homme de la ville, du béton et des tours, aller fourrager dans des endroits pentus et inextricablement fourrés, envahis de ronces et de genêts, au risque de se retrouver nez-à-nez avec un troupeau de sangliers qui ne demandaient rien à personne, et surtout pas d’être dérangés ! « Si Dominique souhaite suivre le mouvement, ce sera son problème, mais ma  fille est prioritaire », marmonna-t-il en doublant  acrobatiquement, à la sortie de la première épingle à cheveux de la Corniche, la seule voiture égarée sur la route depuis qu’ils avaient quitté Saint-Jean-du Gard. Le conducteur, un petit vieux d’une soixantaine d’années, lui lança un regard effaré ce qui le fit éclater de rire, un rire que le regard interloqué de Diva fit redoubler d’intensité.

 

Quelques secondes plus tard, il se rendit compte que le mouvement spontané de sa pensée avait fait émerger deux mots  aussi hérétiques que scandaleux : « ma fille ». Il en fut troublé. Commençait-il à mal tourner ? Devenait-il gâteux ? Après tout, sa tante  Valentine, qui avait passé l’arme à gauche à l’âge de cent quatre ans, avait commencé à sucrer les fraises et à radoter à partir de ses quatre-vingt-dix-huit ans. Pouvait-il exister une prédisposition génétique au gâtisme qui commencerait à exercer sur lui ses funestes effets alors qu’il n’en avait pas encore quatre-vingts ? Cette  pensée le démoralisa pendant deux ou trois secondes...

 

« Sa » fille ! Malgré – ou à cause de – ce qu’il avait dit un peu plus tôt à Diva, il tenta mais vainement de faire appel  à sa raison. Il se dit qu’il il n’avait vue Chloé que quelques minutes et qu’elle avait trouvé le moyen de s’enfuir après une simple parole maladroite de sa part.  Il n’avait jamais rien partagé avec elle, ne connaissait ni ses goûts ni ses projets, ni même son passé mis à part ce que Dominique lui avait raconté. Pourquoi diable devrait-il la considérer comme sa fille ? 

 

Pourtant, s’il voulait être honnête, il avait conscience qu’une sorte de lien étrange et inexplicable était en train de se créer peu à peu avec Chloé.

 

Il tenta d’argumenter : ce lien n’était-il pas artificiellement suscité par les recherches qu’il effectuait avec Dominique, des recherches  qui le poussaient sans cesse à penser  à elle ? Et puis ne restait-il pas, dans le sentiment nébuleux qu’il éprouvait pour Chloé, quelque chose de son ancienne relation avec Lydie, ce fantôme lointain qui perturbait  son jugement et déstabilisait ses convictions les plus profondément ancrées ?

Mais il comprit que ses pauvres arguments étaient balayés par l’irrationnel qui, dans ce cas précis, l’emportaient de très loin sur la raison. La trahison de Lydie, qui s’était débrouillée pour être enceinte sans lui  demander son avis,  n’avait plus d’importance. Le rouleau compresseur de la vie était passé sur ces débris, comme sur tant d’autres, et les avait pulvérisés. Cet épisode lointain était occulté par la certitude de la mort si proche de Lydie,  une mort programmée qui effaçait  les anciennes rancœurs et les vieilles disputes et permettait l’émergence dans sa mémoire des moments les plus  beaux de leur relation.  Lorsque Lydie ne serait plus, Chloé serait un lien possible avec ces souvenirs...  « Si toutefois elle accepte encore de me parler ! », ajouta-t-il in petto. Après sa maladresse de la conférence, rien n’était moins sûr...

 

Kellerman avait demandé à Ferdinand de les déposer directement à La Coste. Il voulait voir Muriel au plus tôt pour la soutenir et lui redonner de l’espoir. Clara avait été enlevée et ils allaient sans doute recevoir une demande précise qu’il faudrait satisfaire pour qu’elle puisse retrouver sa mère. Laquelle ? Ils le sauraient bientôt. Voilà ce qu’il voulait  dire à Muriel, leur expliqua-t-il.

 

Trois véhicules portant les sigles de France 3, LCI et BFM TV étaient garés sur la place du village. Quand ils passèrent devant le bar, celui-ci était bondé, ce qui fit grimacer Kellerman.

 

Dans la vaste cour de La Coste, six voitures  étaient garées de façon anarchique et plusieurs personnes discutaient ou attendaient, sans doute d’autres journalistes, jugea Ferdinand. Il arriva en trombe, repéra une place libre près de la porte de la maison et stoppa en utilisant son frein à main dans un impressionnant bruissement de pneus. Diva se retourna vers Kellerman.

–        David, tu as vu qui est là ? Cette fille est une véritable glue, elle ne nous lâchera jamais les baskets !

Ferdinand comprit qu’elle désignait une jeune femme brune à la luxuriante chevelure noire et bouclée, aux traits fins et au regard de braise qui souriait à pleine dents en les regardant.  Une belle plante, apprécia-t-il en connaisseur.

–        Je l’ai repérée, répondit le flic d’un air sombre. Et je ne comprends pas ce qui la rend si souriante. Elle ne s’imagine quand même pas que nous allons lui communiquer des infos ?

–        Tu me mets au courant ? Lança Ferdinand à Diva, qui restait clouée sur son siège, comme tétanisée par la vision de la brune incendiaire.

 

Diva secoua la tête, comme si elle n’en croyait pas ses yeux.

–        La femme brune que tu vois là-bas en train de discuter est une journaliste de Midi-Libre qui s’appelle Yamina Halfaoui. Nous l’avons croisée dans une enquête précédente, et elle nous a joué un joli coup fourré.

La journaliste de son côté ne semblait pas leur en vouloir du coup fourré qu’elle leur avait joué. Visiblement sans rancune,  elle arrêta sa discussion et s’approcha d’eux en affichant l’air radieux de celle qui retrouve de vieux copains.

–        Spinoza et Diva ! Si je m’attendais à vous retrouver ici... vous êtes sur l’enquête ? Je croyais que c’était la gendarmerie de Mende qui en était chargée.

–        Tu croyais bien, répliqua Diva d’un ton sec, sans répondre à son sourire. Notre présence ici est d’ordre strictement privé.

–        Vous connaissez la maman de la petite Clara ? C’est super, vous allez pouvoir me donner quelques infos qui me manquent...

 

Kellerman intervint. Lui non plus ne souriait pas, mais Ferdinand nota qu’il se montra moins désagréable que Diva. Peut-être, malgré le fameux coup fourré, restait-il sensible au charme de la journaliste, ce que Ferdinand pouvait aisément comprendre.

–        N’y compte pas, Yamina. Nous n’avons aucune information intéressante, ni pour toi, ni pour personne.

–        Spinoza, je suis heureuse de voir que tu es rétabli, tu sais que je suis venue te voir, à l’hôpital ? Mais tu étais encore dans le coma.

Le flic, qui  se préparait à la suite de Diva à entrer chez Muriel,  se contenta de hocher la tête.  Comme il était sur le pas de la porte, il se tourna vers la jeune femme.

–        J’espère Yamina que tu vas venir participer aux recherches tout à l’heure, nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés.

–        Naturellement, j’y serais. Nous attendons les gendarmes d’un instant à l’autre, il y aura une bonne partie de la population du village. Les recherches doivent démarrer dans une trentaine de minutes.

–        Dans ce cas, à tout à l’heure.

Ferdinand eut juste le temps d’interpeller le flic pour lui dire que de son côté il retournait au village pour tenter de retrouver Dominique. Kellerman, semblant indifférent à ses choix et à ses activités, se contenta de hocher la tête sans répondre.  Ferdinand haussa les épaules et se tourna Yamina Halfaoui.

–        Madame, permettez-moi de me présenter : Ferdinand de Vernarède, poète.

–        Vous êtes LE Vernarède ? Votre tête me disait quelque chose. Que faîtes-vous dans ce trou perdu ? Êtes-vous lié à la famille de la petite Clara ?

–        Enfin quelqu’un qui me reconnait ! Je commençais à désespérer du sort de la poésie en France.  Non, je n’ai aucun lien familial avec Muriel, je me contente de connaître Diva et son copain Kellerman. D’ailleurs il semble que ces deux là aient quelque chose à vous reprocher. Vous pouvez m’expliquer ?

–        Je ne suis pas contre les échanges d’information, mais pas ici. Si vous le voulez bien, allons dans votre voiture, nous pourrons discuter tranquillement.

 

Cette journaliste était plutôt sympathique, jugea Ferdinand. Il comprenait qu’elle souhaitait lui tirer les vers du nez, mais il n’avait rien contre, après tout ni Diva ni Kellerman ne lui avaient demandé d’être discret.

Pendant qu’il s’installait dans sa voiture, il remarqua qu’elle avait déjà sorti son carnet et son stylo.

 

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