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Publié par Jacques Teissier

Ferdinand avait jeté un regard amusé sur Dominique, Kellerman et Diva qui s’escrimaient à remettre la cuisine en ordre. L’ordre n’avait jamais été son fort, le désordre lui semblant être  plus riche de sens et plus stimulant pour l’esprit, même dans une cuisine. Mais allez faire entendre raison à des personnes aussi fortement influencées par une tradition séculaire privilégiant la rigueur à la fantaisie, l’obstination à la légèreté, la répétition à l’imagination créatrice ! Il ne se sentait pas l’envie d’argumenter, ce serait peine perdue.

 

 Diva repartit à la cabane vers vingt-trois heures, délaissant son flic qui préférait discuter avec Dominique plutôt que l'accompagner dans cette nuit automnale à la fraicheur piquante. Après l’épisode de la lecture du poème et la réaction positive de la jeune femme, Ferdinand s’était trouvé dans un état second, quasiment hors sol, il éprouvait des émotions qui lui rappelaient sa liaison mouvementée dix ans plus tôt avec la séduisante Charlotte, la très jeune femme de Lucien, son meilleur ami. Il ressentit le vide créé par son départ vers la cabane avec une intensité si forte qu’elle lui cassa les jambes autant que le moral. La cyclothymie était un élément de son caractère avec lequel il avait appris à composer et au lieu de s'en alarmer il décida, pour pour chasser ses idées noires, de s’allonger sur le canapé, à côté de la cheminée et d’attendre que ça passe.

 

Deux morceaux de châtaignier noircis pétillaient encore misérablement, projetant dans le foyer leurs dernières étincelles après avoir un peu plus tôt rempli la pièce de leur chaleur savoureuse si bienfaisante pour les corps. L’étiolement, l’amollissement des flammes ressemblait à celui de son propre organisme, sur le point de s’éteindre lui aussi, pensa-t-il. « C’est ça la vieillesse... l’esprit s’envole et comme les étincelles il vagabonde encore pendant que le corps, tout comme la flamme, ne suit plus ».

 

Il se traita de mauviette : demain ça irait mieux... simple coup de pompe passager que Diva ne devrait en aucun cas percevoir s’il devait se reproduire. Cette nuit, pour combattre cette mélancolie passagère, il écrirait encore, et encore... il en avait besoin pour faire éclore, épanouir, savourer avec toujours plus d’intensité ce sentiment amoureux qui était le sel de toute vie. En tout cas, de la sienne !

 

Il avait fermé les yeux, et les ouvrit en entendant Dominique s’approcher de la cheminée. Kellerman venait de partir à son tour pour la cabane. Dominique rapprocha les bûches, en ajouta deux autres, puis s’installa sur le fauteuil le plus proche et se tourna vers lui.

–        J’ai bien réfléchi au plan que nous devons mettre en œuvre pour retrouver Chloé. Voici ce que je te propose. Demain matin je retournerai seul à l’ancienne mine et je vais discuter avec le maximum de personnes que je pourrai rencontrer. C’est une méthode rudimentaire, mais ce sera la plus efficace. Sauf qu’elle ne fonctionnera que si j’y vais seul, et à pied : ceux qui vivent là sont très méfiants vis-à-vis du monde extérieur, et je crois savoir comment m’y prendre pour les rassurer.

De ton côté tu pourrais proposer à David et Diva de leur donner un coup de main pour retrouver la petite fille. Je pense qu’ils apprécieront ton soutien, surtout Diva. Qu’en penses-tu ?

 

La perspective de passer la journée du lendemain avec Diva, même s’il devait pour cela subir la présence permanente du flic philosophe, revigora son moral. La nuit devint plus belle, les flammes plus pétillantes... Au lieu de répondre immédiatement à Dominique, il se dirigea vers un meuble à apéritif, saisit une bouteille de cognac à peine entamée par la propriétaire des lieux, prit un verre ballon et se servit une rasade avantageuse en amenant la bouteille près de la cheminée.

–        J’en pense que c’est sympa de ta part de penser à ma relation avec Diva. Ta proposition me tente, mais ça m’emmerde de te laisser seul dans ce guêpier. Pour tout dire, je n’ai pas trouvé ces types franchement amicaux, leur comportement était même à la limite de la non-convivialité. Au fait, tu en veux une lichette ? ajouta-t-il à brûle-pourpoint en soulevant la bouteille par le goulot.

 

Dominique secoua la tête d’un air réprobateur.

–        Ferdinand, tu sais que je ne bois pas d’alcool, et puis je te signale que cette bouteille n’est pas à toi, mais à la grand-mère de David.

–        Je le sais, mais elle est partie pour un bout de temps et à son retour le cognac risquerait d’être éventé. De plus, elle est trop âgée pour boire un truc aussi fort. Que tu ne penses pas à ça prouve que tu es d’un égoïsme étonnant pour quelqu’un d’aussi jeune. Heureusement que je suis là pour penser à sa santé, soupira-t-il en levant les yeux au ciel. S’il fallait compter sur toi...

Un sourire bref, à peine esquissé, fut la seule réponse immédiate qu’il obtint de Dominique. Celui-ci, qui tisonnait avec méthode un feu qui n’en avait plus besoin, finit par relever la tête.

–        Tu as raison, pour son âge. D’ailleurs, je crois me souvenir que vous avez le même. Mais pour revenir à nos moutons, ça devrait mieux se passer si j’y vais seul. D’autant plus qu’ils me connaissent de vue et qu’ils seront davantage rassurés. Tu sais, leur agressivité s’explique avant tout par la peur.

 

Ferdinand le regarda narquoisement.

–        Tu veux dire que tu es moins effrayant que moi ? Merci pour le compliment !

–        Je veux dire que c’était maladroit d’y aller avec ta super bagnole. Écoute, fais-moi confiance, tu n’as rien à perdre à me laisser tenter le coup.

–        J’avoue que la pensée de passer la journée avec Diva me tente beaucoup. Tu crois qu’elle va accepter ma proposition d’aide ?

–        Oui. Mais il faut que tu passes les voir à la cabane demain, vers sept heures ça serait bien. Ils vont sans doute partir très tôt.

–        Impossible ! Tu sais que je ne me couche jamais avant trois ou quatre heures du matin. Comment veux-tu que je me lèvre à six heures pour être chez eux à sept heures ? La seule solution serait que je ne me couche pas !

–        C’est toi qui vois. Si tu penses tenir le coup, pourquoi pas ? Mais à ton âge, est-ce bien raisonnable ?

Agacé, il tenta de se contenir. Il connaissait ses défauts, et il savait que la colère non maitrisée ne lui portait généralement pas chance. Il ne put toutefois s’empêcher de la laisser éclater brièvement. 

–        Dominique, comme pourrait dire sans doute Chloé, tu me gonfles grave avec tes références incessantes à mon âge ! Tu es prié de laisser celui-ci là où il est le mieux : aux chiottes. Et d’ailleurs, je suis sûrement plus résistant que toi !

 

Il le savait : il faudrait plus que son petit coup de gueule pour démonter le flegme de Dominique. Un flegme qu’il lui arrivait parfois d’envier, même s’il ne l’admirait pas, car de toute façon, personne parmi ses connaissances n’était admirable. Question de principe...

 

Comme prévu, celui-ci répliqua comme si de rien n’était.

–        Possible, mais il vaut mieux que tu te présentes devant Diva en ayant l’air frais et dispos plutôt que de paraître complètement fourbu, comme un vieux cheval de retour. Même si tu ne dors que trois heures, ça sera toujours ça de pris. Si je te promets de te réveiller à six heures, ça te va ?

Finalement, il était bien ce gamin. Devant lui, il se sentait attendri, presque désarmé.

–        Ah, je dois reconnaitre que tu es un vrai père pour moi ! Va pour six heures. Mais je vais faire un saut à la cabane pour en parler à Diva. À mon avis, à cette heure-ci, ils ne sont sûrement pas couchés !

 

 

* * * *

 

Pourquoi fallait-il que je vive les silences et les mensonges par omission de Muriel comme une trahison ? Une chose était sûre : c’était elle qui m’avait sollicité, qui était venue ici, à Sauvagnac, pour me demander de l’aide, tout en refusant de me donner d’emblée les éléments qui pouvaient nous permettre de retrouver Clara. Le manque de confiance que traduisait son comportement faisait chavirer les représentations adolescentes que je conservais de nos rapports amoureux passés.

 

Contrairement à ce que j’avais laissé entendre à Diva, j’avais mal vécu ma rupture avec Muriel, par elle seule décidée. Une fois de plus, ma technique avait été celle de l’autruche : pour éviter de trop souffrir, il valait mieux recouvrir du voile de l’oubli tout ce qui s’était passé entre nous. Sur le coup, cela s’était avéré efficace, puisque j’avais réussi à me convaincre que nous étions restés bon amis, alors que nos relations étaient tout de même fort distendues et superficielles ces dernières années. Il fallait bien me rendre à l’évidence : c’était la conception que j’avais de l’amitié qui était remise en cause par cette histoire : c’était quoi rester « amis » quand on avait été amoureux ? Des souvenirs communs ? Une confiance réciproque ? Le désir de faire des choses ensemble ? Quoi d’autre ?

 

Muriel arriva à la cabane dix minutes après mon appel. Nous avions aperçu les phares de sa voiture quand elle s’était garée sous la maison d’Élise, et je sortis avec la lampe torche pour la guider vers la cabane. Elle avait oublié la sienne, et je la vis arriver en marchant avec précaution sur le sentier étroit, encombré de genêts et de branches mortes que j’avais omis de dégager. Je ne lui avais donné aucune précision au téléphone, lui demandant seulement de venir d’urgence nous voir. Pendant la brève attente, ma colère s’était atténuée et j’avais décidé d’être avec elle compréhensif, à l’écoute, et même en empathie. Cependant, à peine se fut-elle installée sur le fauteuil à côté de Diva que mon ressentiment prit le dessus.

–        Muriel, je n’arrive pas à comprendre pourquoi tu m’as demandé de l’aide alors que depuis le début tu nous caches des éléments qui peuvent être essentiels pour retrouver ta fille. Si tu n’as pas confiance en nous, tu n’as qu’à le dire au lieu de nous laisser perdre du temps de cette façon.  

 

Elle ne s’attendait pas à cette attaque. Pendant un bref instant, elle sembla désemparée, puis elle fronça les sourcils, secoua la tête plusieurs fois et se leva en me répondant d’une voix étranglée.

–        Et c’est pour me dire ça que tu m’as demandé de venir en pleine nuit ? Tu me déçois David, ton attitude est vraiment nulle, d’ailleurs je me demande ce que je fais encore ici.

 

Elle fit  un pas vers la porte et fut retenue par Diva, qui joua les temporisatrices.

–        Calme-toi Muriel. David est maladroit, mais il faut que tu comprennes notre position. Nous venons d’apprendre que ta fille, qui n’a que sept ans, n’est pas seulement une surdouée, mais qu’elle est en train de suivre des études supérieures brillantes en biologie. Cela fait d’elle un individu proprement exceptionnel, tu peux en convenir. Et qui modifie totalement la donne des recherches. En réalité, nous cherchions une enfant disparue, alors qu’à beaucoup d’égards, Clara a des capacités qui dépassent celles de l’immense majorité des adultes. Ce qui nous pose de multiples questions, par exemple : pourquoi ne nous as-tu rien dit ? Que craignais-tu ? Y a-t-il autre chose à propos de Clara que nous devrions savoir ?

 

Tout en prononçant ces paroles, elle posa ses mains sur les épaules de Muriel pour l’amener à se rasseoir. Le visage de celle-ci perdit de sa crispation, ses yeux s’adoucirent, et elle se laissa guider vers le fauteuil, sur lequel elle s’installa à nouveau.

–        C’est vrai, j’aurais dû vous parler davantage de Clara, mais il faut que vous compreniez que même si elle est intellectuellement très en avance pour son âge, pour moi elle n’est encore qu’une enfant, mon enfant. Et que je ne crois pas que sa disparation a quelque chose à voir avec sa précocité. Sinon je vous l’aurais dit, et je l’aurais dit aux gendarmes.

 

Je regardai Diva avec reconnaissance, si elle n’était pas intervenue comme elle l’avait fait, nul doute que Muriel serait partie après mon intervention à la con. Moi qui me flattais d’obtenir de bons résultats en interrogeant les témoins, j’avais mis en pratique avec Muriel ce que mon ami Nathan appelait la psychologie rase-mottes ! Il valait mieux que je  laisse Diva continuer à poser ses questions.

 

Celle-ci tenait la main de Muriel pour la rassurer au mieux et l’inciter à poursuivre, ce qu’elle fit.

–        Quand j’ai compris, quelques mois après sa naissance, que Clara avait des facultés qui sortaient de l’ordinaire, j’ai eu peur pour elle. Je n’ai pas voulu qu’elle soit considérée comme une bête curieuse par le monde extérieur et dévorée par les médias. J’ai décidé de la protéger du mieux que je pourrais. Avec Juliette et maintenant avec Odile, nous voulions qu’elle ait une véritable enfance, avec des amis de son âge, des jeux, des sorties, tout ça même si elle ne peut pas être scolarisée avec des enfants de son âge.

–        Vous avez réussi ?

 

Muriel me jeta un coup d’œil et pendant un bref instant je crus voir dans son regard le rappel de nos découvertes enfantines partagées, quelque vingt ans plus tôt. Puis elle se tourna vers Diva et secoua la tête.

–        Pas vraiment. Il y a un fossé trop grand entre elle et les enfants de son âge. Il lui arrive de se comporter comme une petite fille, et même de jouer, en particulier quand elle est avec Manon, mais c’est de plus en plus rare. Elle a une rage d’apprendre et de comprendre qui est incroyable. Une véritable boulimie, qui rend presque tout le reste accessoire pour elle, la musique mise à part. Depuis quelques mois, cette passion s’est concentrée sur la biologie, et plus particulièrement la génétique.  

 

Il était difficile d’imaginer une fillette avoir un développement psychologique harmonieux dans ces conditions ! Je me décidai à poser à Muriel une question qui me trottait dans la tête depuis quelques instants.

–        Comment a-t-elle réussi à obtenir le droit d’étudier à l’université, à l’âge qu’elle a ? Je suppose qu’elle n’a pas passé le bac ?

–        Non, nous aurions pu demander des dispenses pour qu’elle ait le droit de le présenter, mais ça n’avait pas d’intérêt et surtout l’attention des médias aurait été attirée sur elle, immanquablement. Là, elle est simplement passée devant une commission qui l’a longuement interrogée, lui a fait passer une série d’épreuves, et a finalement estimé qu’elle pouvait suivre les cours et passer les examens. Elle brûle toutes les étapes, mais comme elle serait freinée par le rythme des cours, elle travaille seule, en liaison avec plusieurs enseignants qui sont fascinés par ses capacités et acceptent de jouer le jeu.

–        Pourquoi ne pas nous avoir dit tout ça plus tôt, le jour où tu es venue nous demander de l’aide ?

–        Parce que je suis persuadée qu’il n’y a aucun rapport entre ses capacités exceptionnelles et sa disparition. Il était inutile de vous aiguiller sur une fausse piste. De  plus, étant habituée à ce qu’elle est capable de faire, j’y accorde moins d’importance que des personnes extérieures... telles que vous, par exemple.

–        Muriel, tu connais un certain Simon Larduyt ? l’interrogea Diva.

 

Elle fixa Diva, interloquée, et ne répondit pas immédiatement.

–        Pourquoi cette question ? Vous pensez qu’il pourrait avoir un rapport avec la disparition de Clara ?

–        D’après ta question, je comprends que tu le connais. Je vais te répondre, mais tu nous dis d’abord ce que tu sais de lui.

 

La voix de Diva avait pris une tonalité sèche, agacée, comme lorsqu’elle interrogeait un suspect. Muriel soupira, exaspérée.

–        Oui, je le connais bien. C’est un ami, et c’est aussi le parrain de Clara.

Diva poursuivit, sans dévier de sa route.

–        Comment l’as-tu connu ?

–        Bon, je vois qu’il faut que je vous raconte qu’elle était ma vie il y a quelques années. Franchement, je suis sûr qu’il n’y a aucun rapport avec la disparition de Clara, mais puisque vous semblez y tenir...

 

Elle baissa la tête et ferma les yeux, comme si elle rassemblait ses idées, puis se redressa.

–        Je vivais avec Fred. Le musicien, ajouta-t-elle en se tournant vers moi. À l’époque, j’avais une vie de merde, rien ne marchait. Impossible de trouver un travail intéressant, notre logement était minable, dans un quartier crasseux, j’étais mal dans ma peau, les conflits permanents avec mon père m’avaient usée, ma mère s’était barrée en Australie sans plus s’occuper de nous. Avoir un enfant restait pour moi le seul espoir de connaitre quelque chose de positif. Avec Fred, depuis quelque temps ça ne marchait pas très fort et si je voulais absolument avoir un enfant il n’était pas question de l’élever avec lui, il était trop immature et trop paumé pour ça. Et puis, vous connaissez le milieu des musicos, souvent pas très équilibrant. Il se droguait et je ne voulais pas faire vivre ça à un gosse. Pour Fred, la paternité ne signifiait aucune responsabilité particulière, il a accepté par ce que pour lui ça n’impliquait rien pour le futur. Comme j’avais eu une infection aux trompes, le médecin m’a dit que la fécondation in vitro pouvait donner des résultats. Il m’a donné une adresse, celle de TechnoProcrea, que dirige Simon. Pour faire court, j’y suis allée, j’ai rencontré Simon Larduyt, nous avons sympathisé, et quand j’ai réussi enfin à être enceinte, il a décidé de suivre ma grossesse. Finalement, nous sommes devenus amis, et il a souhaité, après la naissance de Clara, en être le parrain. Depuis nous nous voyons régulièrement, soit à Montpellier, soir ici. Il adore Clara et il la conseille énormément pour ses études, et c’est d’ailleurs grâce à lui qu’elle s’est passionnée pour la génétique.

 

Pendant qu’elle parlait, Diva était restée impassible, sans rien laisser transparaitre de ses sentiments. Quand elle lui posa la question, ce fut d’une façon totalement anodine.

–        Tu sais que Patrick envisageait peut-être de le faire chanter ? Nous avons trouvé des documents sur l’ordinateur de ton frère qui pourraient le laisser penser.

 

Muriel sembla stupéfaite par la révélation que Diva venait de lui asséner.

–        C’est impossible, vous devez mal interpréter ce qu’il a écrit. Simon et lui n’étaient pas amis, mais ils se connaissaient et je ne l’imagine pas faisant chanter Simon.

–        Tiens, regarde.

Diva lui tendit le projet de lettre que Patrick avait écrit. Elle s’en saisit et la lut rapidement.

–        Mais cette lettre ne dit rien de précis. Et vous ne savez même pas si elle a été réellement envoyée.

–        C’est vrai. Mais elle est une piste possible, que nous ne devons pas évacuer. Nous allons rencontrer ton ami Simon afin qu’il nous dise ce qu’il sait à ce sujet. Et puis il faudrait que tu nous parles un peu de Patrick. Quels étaient ses projets, qui était-il vraiment ? Encore une fois, nous avons besoin de tout savoir. Si tu ne nous fais pas confiance, il vaut mieux que tu laisses les gendarmes chercher Clara, nous ne serons d’aucune utilité.

–        Pour Simon, je vais l’appeler tout de suite pour que vous puissiez prendre rendez-vous avec lui. Il est très occupé, mais je suis certaine que pour Clara il acceptera de vous rencontrer.

–        Il est au courant de sa disparition ?

–        Naturellement, il est la première personne que j’ai appelée avant les gendarmes, et avant de venir vous voir. Il est catastrophé, terriblement inquiet. Il considère Clara  comme si c’était sa fille. Et c’est réciproque, elle l’adore.

–        Et pour Patrick ?

Au moment où Muriel s’apprêtait à répondre, des coups violents furent frappés contre la porte, en même temps qu’une voix de stentor retentissait.

–        Ouvrez, c’est la police !

Le visage de Diva s’éclaira. Elle répondit sur le même ton :

–        Tu peux entrer, Ferdinand ! Nous sommes désarmés, tu ne risques rien...


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