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Publié par Jacques Teissier

Nous retrouvons, dans ce nouveau roman de Fabrice Pichon, la commissaire Marianne Bracq que nous avions déjà croisée en 2012 dans le complexe du prisme. C’est elle qui va mener l’enquête – compliquée à souhait – avec l’aide de sa collègue Nicole Desvignes, l’héroïne de vengeance sans visage.

Les lecteurs qui connaissent déjà cet auteur vont donc se sentir un peu en famille. D’ailleurs, les histoires de famille sont, dans ce roman, nombreuses et variées – familles trop absentes, familles trop présentes – aussi bien du côté de nos deux enquêtrices, avec leur ex ou leurs enfants, que du côté des victimes... ou même du coupable.

 

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Le livre commence et se termine le vendredi 5 mai par les obsèques d’une personne dont le lecteur ne connait ni le nom ni le sexe, mais qui va jouer un rôle important dans l’histoire : le suspense est déjà là, bien présent. Mais la véritable intrigue démarre trois semaines plus tôt, le vendredi 14 avril en fin d’après-midi, avec l’agression de Magnin. L’homme est un policier appartenant à la brigade de Marianne Bracq, et il est retrouvé dans un bois proche de Dijon, un lieu connu pour être fréquenté par des échangistes et des homos. Pourquoi était-il là ? Sa vie privée pourrait-elle expliquer sa présence en ces lieux ? Nul ne le sait. Magnin, étant dans le coma, ne peut répondre. Mais les flics détestent quand on s’en prend à l’un des leurs et ils sont décidés à mettre le paquet pour avancer sur l’enquête.


Mais voilà que la situation se complique, Magnin est victime d’une tentative d’assassinat à l’hôpital et l’affaire semble être liée à une autre... le meurtre d’un psychiatre de renom. D’autres meurtres encore. L’enquête bifurque et le lecteur est proprement baladé par l’auteur, qui prend un malin plaisir à brouiller les pistes, jusqu’à nous amener au milieu des années 80, dans l’IMP des Lys blancs qui s’occupait d’enfants handicapés. Impossible pour le lecteur d’imaginer la solution de l’énigme, mais dans cette intrigue complexe aux fils enchevêtrés, tout finit heureusement par s’éclaircir et les différents éléments s’articulent au final comme une mécanique de précision.


Marianne Bracq doit jongler entre les nécessités de l’enquête, ses deux filles dont elle ne peut s’occuper comme elle le voudrait, et son ex-mari, le lieutenant Etchegoin. Celui-ci a demandé sa mutation dans son service, et cela embarrasse d’autant plus la commissaire qu’il semble vouloir en profiter pour renouer des liens avec elle en profitant de la situation pour se rapprocher aussi de sa – de leur – fille, Oriane.

Comme dans ses précédents romans, Fabrice Pichon parvient à faire alterner avec bonheur le déroulement classique de l’enquête avec la vie des différents personnages impliqués dans l’intrigue et leurs relations passées. Il nous permet surtout de (re) découvrir l’attachante Marianne Bracq, sa forte personnalité et ses problèmes personnels.


Le suspense des derniers chapitres est tout particulièrement soigné, et nous réserve un lot de surprises inattendues (forcément) qui même si elles ne sont pas forcément crédibles n’en sont pas moins réjouissantes. Si l’objectif principal était de susciter du plaisir à la lecture du livre, le pari est parfaitement réussi : suspense, émotions, réflexions, documentation... tout est là, et bien là !

 

Le mémorial des anges

Fabrice Pichon

Éditions du Citron Bleu

360 pages ;17 €

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