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Publié par Jacques Teissier

Rappelons brièvement les faits, même si le monde entier est maintenant au courant : la Bolivie d’Evo Morales a monté un gigantesque réseau d’écoute des communications téléphoniques et Internet qui lui permet, sous le fallacieux prétexte de lutter contre le terrorisme, d’espionner non seulement les boliviens eux-mêmes mais encore la quasi-totalité de la planète. Un exploit technologique incontestable pour ce pays, mais un exploit qui est surtout très révélateur du cynisme et de l’arrogance de son gouvernement, dont les visées anti-impérialistes et même (osons le mot) socialistes ne sont plus à démontrer.

 

Lorsqu’Eduardo Sanchez, l’employés bolivien de la NSB (l’agence nationale de sécurité bolivienne), a  dévoilé le système massif d’espionnage mis en place par son pays, les réactions officielles de plusieurs capitales européennes ont été très fermes : « l’espionnage bolivien doit cesser immédiatement », a ainsi déclaré François Hollande. Cependant, certains commentateurs font mine de douter que ce dernier aura le courage de s’opposer frontalement à Evo Morales.

 

En effet, le courageux Eduardo Sanchez, qui risque de passer le reste de ses jours dans les tristement célèbres geôles boliviennes, a dû prendre la fuite et s’est réfugié à Moscou, où il a demandé l’asile politique au gouvernement américain. « L’Amérique étant le pays de la liberté, je suis sûr qu’elle ne peut manquer de répondre favorablement à ma demande »,  a-t-il fait savoir par voie de presse.

 

Effectivement, le président Obama, a dénoncé avec une grande sévérité les méthodes de voyou employées par le gouvernement bolivien et a laissé entendre que son pays serait prêt à accorder l’asile politique à Eduardo Sanchez. « Il est inacceptable  qu’un État s’arroge de tels pouvoirs. Quel que soit le prétexte invoqué, la liberté est pour nous, américains, quelque chose de sacré et d’intangible, et elle commence par la non immixtion de l’État dans la vie privée de ses citoyens », a-t-il ajouté à la fin du discours qu’il a prononcé lors de sa visite à Moscou.

 

Naturellement, le gouvernement bolivien exerce une pression politique inouïe sur l’ensemble des pays susceptibles d’accueillir Eduardo Sanchez.  Evo Morales étant persuadé que Sanchez avait trouvé refuge dans l’avion présidentiel américain, sur son injonction  plusieurs pays européens, dont la France, ont fermé leur espace aérien à l’avion du Président Barak Obama, qui a été ainsi contraint de se poser à Vienne. Un geste qui a déclenché une grave crise diplomatique avec les États-Unis.

 

François Hollande aurait-il cédé au diktat Bolivien ? Ou bien les relations que la France souhaite développer avec les pays latino-américains lui font-elles oublier quelques principes démocratiques élémentaires ?

En réalité, il semble selon l’Élysée que cette décision soit le fruit d’une  regrettable erreur commise par la femme de chambre de la sous secrétaire du troisième chef de cabinet adjoint de l’Elysée : Violette Dupont. Celle-ci, alors qu’elle était en train de faire le ménage, aurait appuyé par inadvertance sur un bouton poussoir installé près du téléphone de la sous secrétaire, et ce geste malencontreux aurait alors déclenché, d’une façon automatique, l’ordre de détourner l’avion présidentiel américain.

 

Une erreur très dommageable pour notre pays : en effet, pour de nombreux journaux nord-américains, la France aurait fait preuve d’une embarrassante soumission à l’égard La Paz et se serait comportée non pas comme une grande nation souveraine et indépendante, mais « comme une république bananière docile et obéissante ».

 

L’Elysée a décidé de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour remédier à ces difficultés diplomatiques que La France rencontre avec Washington.  Violette Dupont, la femme de chambre responsable du scandale, a été immédiatement licenciée et une plainte contre elle a été déposée par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. S’il se confirme après sa garde à vue qu’il s’agit d’un acte de malveillance, elle sera passible devant le tribunal militaire spécial d’une peine pouvant aller jusqu’à 25 ans de prison ferme. Voilà qui devrait sans doute calmer la colère de Washington.

 

L'essentiel étant bien que cette affaire, somme toute assez secondaire, d'espionnage massif mis en place par la Bolivie ne ternisse pas nos relations amicales  avec La Paz. Selon les obervateurs les plus avisés, il semble que ce ne sera pas le cas.

 

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