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Publié par Jacques

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Après l'article publié sur le blog collectif Un Polar à propos de son roman Demain est une autre vie, Thierry Serfaty  a accepté de  répondre à quelques  questions sur l'écriture, son livre, ses projets.

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Un Polar. Quel était votre objectif premier en écrivant ce roman ?

 

Thierry Serfaty. Renouer avec le suspense, que j'avais mis en "sourdine" pour me consacrer à un projet très important pour moi, celui d'Oscar Pill, une saga pour les adolescents.

Mais j'attendais patiemment de pouvoir écrire "Demain est une autre vie", que j'avais en tête depuis des années sans trouver les mots, le traitement. Je voulais parle d'un homme qui vit ce que nous avons tous eu envie de vivre, au moins une fois : se réveiller, vivre une vie idéale, et lutter ensuite pour que le passé ne nous rattrape pas...

Et il y a deux ans, j'ai (enfin !) su que c'était le bon moment dans la mienne, de vie, pour écrire ce livre.

 

Un Polar. Votre héros, Jamie Byrne, est davantage mû par ses sentiments que par sa raison, semble-t-il. Etrange pour un scientifique de formation, non ? Comment l’expliquez-vous ?

   

Thierry Serfaty. C'est très juste, et c'est en même temps un "cliché" que je voulais faire tomber : on a beau être médecin, cartésien, scientifique jusqu'aux cheveux, lorsqu'on se retrouve face au danger et que notre équilibre affectif est en péril, on n'en est pas moins homme, et homme sensible, prêt à tout pour sauver sa vie et ceux qui comptent pour soi. Et sans réfléchir, à l'instinct souvent, avec le coeur en tout cas, et pas forcément rationnellement. Ne ferait-on pas tous la même chose dans les mêmes circonstances ?

 

Un Polar. Votre expérience de thérapeute vous a-t-elle servi pour élaborer le cheminement de l’inconscient dans la construction onirique ou bien avez-vous, tout simplement, laissé parler votre imagination ?

Thierry Serfaty.Je ne me crois pas capable d'écarter, même sciemment, mes connaissances médicales pour envisager un phénomène mental dans un de mes romans, mais là, en effet, je crois que tout comme Jamie, j'ai mis de côté ma blouse. Je n'ai été qu'un homme lambda et j'ai laisser parler mon imagination !

 

Un Polar. Il m’a semblé, en lisant votre roman, que le personnage principal était le Temps, avant même le héros. L’écoulement du temps joue, en effet, un grand rôle dans votre fiction. Qu’en pensez-vous, vous-même ?  

 

Thierry Serfaty. Votre question - comme votre lecture - me fait très plaisir, car vous avez raison : c'est un élément récurrent dans mes romans, et plus que jamais dans celui-ci. Ne sommes-nous pas tous les proies et les victimes du temps, ou d'un temps parallèle à celui qui s'écoule dans nos calendriers, sur les cadrans de nos montres ? Le temps me semble être parfois un mirage, une illusion qui se joue de nous, et c'est très amusant de s'en servir pour (dé)construire une intrigue.

 

Un Polar. De la même manière, l’espace, et notamment la topographie de New York, occupe une place importance dans la fiction. Quel rapport avez-vous avec cette ville ? Pourquoi ce lieu pour ce roman précis ?  

   

Thierry Serfaty. J'adore New York, que j'ai redécouvert il y a peu de temps. Durant ce dernier séjour (une dizaine de jours ; aussi ai-je pu me balader, marcher, nez en l'air, fouiner et voir ce que je ne connaissais pas de cette ville), j'ai eu terriblement envie d'y situer l'intrigue de "Demain...", parce qu'il me semble que c'est la ville de tous les excès, tous les possibles, et c'est une ville fabuleuse qui peut en quelques instants se transformer en enfer - un peu comme la vie de Jamie, mon héros.

 

Un Polar. Quels sont, selon vous, les ingrédients d’un bon thriller ? Et votre roman, incontestablement, en est un.  

 

Thierry Serfaty. Ah, voilà une question à laquelle je vais avoir du mal à répondre - y a-t-il vraiment des critères universels, objectifs ? Je crois que l'ingrédient essentiel, c'est le mouvement, le rythme ; ne pas s'autoriser le ralentissement - même dans les moments sans action : une description psychologique elle-même peut être très dynamisante, et plus tonique qu'une course poursuite. Le second ingrédient capital, c'est ne pas interdire les sentiments ; les personnages doivent être des êtres de chair et d'encre, pas des machines à enquête, glacés et impavides.

 

Un Polar. D’ordinaire, on considère que les polars ou les thrillers font une large place au réalisme. Or, vous semblez avoir plutôt opté pour le fantastique. Quels sont, à vos yeux, les avantages ou inconvénients respectifs de l’un ou de l’autre?  

 

Thierry Serfaty. Le réalisme a une vertu essentielle qui fait la marque de fabrique du polar : la critique - ou le regard, du moins - social(e). C'est une photo dure, sans concession, de notre société, de sa cruauté, de ses travers. J'en ai besoin, je l'utilise aussi, mais mais cette fois-ci j'ai mis ce réalisme au service de l'émotion, des personnages, des sentiments, des rapports humains. Pour l'histoire et l'intrigue, j'aime le fantastique - ou plutôt l'illusion, le faux-semblant, la manipulation. Et j'aime sortir des sentiers battus ; j'ai besoin de rêver quand je lis, alors je m'impose la même exigence en écrivant, et le "fantastique" est un bon vecteur de rêve. 

 

Un Polar. Avez-vous d’autres projets d’écriture ? Si oui, dans quel genre ?

 

Thierry Serfaty. J'ai bien plus de projets que de temps pour les concrétiser, hélas ! En l'occurrence, un autre suspense - mais avant cela, j'ai le 4ème tome de la saga Oscar Pill, sous mon pseudonyme Eli Anderson, à terminer. Je le fais avec d'autant plus de plaisir et d'excitation que les droits cinéma en ont été achetés par Warner Bros., et je voudrais avoir fini les deux derniers tomes pour qu'un film puisse s'appuyer sur l'ensemble de la saga sans risquer de comporter des incohérences avec la fin. Pour tout ceci, je n'ai qu'un impératif : prendre le temps !

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