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Publié par Jacques Teissier

Mémoire cachée, de Sebastian Fitzek

Le "thriller planétaire" de Sebastian Fitzek 

Surpopulation, influence désastreuse de l’homme sur la vie de la planète, rôle trouble, sinon néfaste, des grandes multinationales pharmaceutiques... avec ce "Mémoire cachée" le célèbre auteur allemand Sebastian Fitzek nous plonge dans un thriller planétaire qui embrasse sans complexe certaines des questions les plus brûlantes de notre époque.

Il le fait à sa façon, en nous faisant partager les émotions, les angoisses et les questions d’un personnage qui va rester mystérieux pendant une grande partie du livre. Mystérieux... et pour cause : il se réveille à Berlin sans savoir qui il est. Un prénom est simplement écrit sur la paume de sa main : Noah.

« Je dois l’aider.

Pour un homme incapable de se souvenir de son propre nom, il était étonnamment sûr de lui sur ce point : il devait empêcher la jeune fille de monter dans la voiture de ce type, sans quoi quelque chose d’horrible se produirait.

Il ignorait pourquoi il en était tellement certain et ne le découvrirait sans doute pas avant longtemps : il avait à cet instant de grandes difficultés à se concentrer, car l’homme debout près de lui dans la file le harcelait sans relâche»

Alors qu’un virus virulent et mortel se propage sur l’ensemble de la planète à une vitesse foudroyante, Noah, aidé par Oscar, un étrange personnage qui vit dans la rue et qui est obsédé par des théories complotistes, va découvrir qu’un groupe d’hommes a décidé de résoudre le problème de la surpopulation d’une façon radicale en faisant disparaitre la moitié de la population du globe.

Bien sûr, ce personnage de Noah n’est pas sans rappeler celui de Jason Bourne, le héros de "La mémoire dans la peau" de Robert Ludlum, comme lui il est en quête de son identité, comme lui il doit se protéger de tueurs qui le pourchassent sans qu’il sache pourquoi ni par qui ils sont envoyés. Mais les thèmes abordés par les deux livres sont très différents, Fitezk abordant ici la question des dégâts écologiques provoqués par l’homme sur la planète, mais aussi sur sa propre espèce.  

Au fil des chapitres, plusieurs personnages apparaissent qui vont permettre à Noah – comme au lecteur – de comprendre les enjeux de l’histoire. L’auteur nous fait partager le quotidien d’une famille d’un bidonville de Manille confrontée au virus et à une pauvreté extrême et nous fait découvrir Jonathan Zaphire, surnommé le Vautour, qui fut l’homme le plus riche du monde avant de donner 95 % de sa fortune à une fondation privée. Le lien entre Noah et Zaphire, obscur au début du roman, va s’éclaircir peu à peu, tout en gardant jusque dans les dernières pages une part de mystère, indispensable au suspense. Si le livre commence comme un roman d’action et de suspense classique, il aborde dans sa deuxième partie des thèmes contemporains qui intéresseront de nombreux lecteurs. Hasard des lectures : dans la foulée de ce livre, j’ai découvert le pamphlet d’Yves Paccalet "l’homme disparaitra : bon débarras", que j’avais raté à sa sortie, il y a dix ans. Sebastian Fitzek, dans une postface intéressante, expose sa propre conception sur la question de l’avenir de l’espèce humaine : même s’il est très critique, il est (heureusement !) plus positif que Paccalet dans son appréciation de la situation. Ce Mémoire cachée, bien dans l’air du temps (ce qui n’est pas forcément un défaut), est aussi plaisant que stimulant : si vous avez aimé le Mémoire dans la peau de Ludlum, vous serez forcément séduit par ce roman.

A noter, l'excellente traduction de Céline Maurice !

 

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